Ne me guéris jamais

Journal de bord du film par David Yon, 2017-2023

Accompagné d’amis, je trace une ligne dans Marseille. La tentative de retrouver un synchronisme entre la pensée, le geste et le temps présent. Je vais mettre en ligne des vidéos, comme un carnet de notes, pour donner ma position, provoquer des rencontres et préparer un film à venir qui se déroulera à Marseille et aux alentours.

En 2004, dans l’avion qui me ramenait d’Alger à Marseille, j’ai écrit :
Le pouvoir des exigences dansait entre les feux.
Nous n’étions plus seul.

Petit à petit se dessine la possibilité d’un film polyphonique et musical. Ce sera le portrait d’un groupe de personnes qui cherchent l’amour au milieu des ruines. Ne me guéris jamais de la perte, de la séparation, du désir, de l’amour, de la joie, de la tristesse.

novembre 2022

Le film est en post-production, je travaille le montage au polygone étoilé, un lieu de cinéma magnifique à Marseille où j’ai rencontré Ouahib, un des personnages principaux. Ci-dessous une scène qui ne figure pas dans le montage final. Ne me guéris jamais vient d’avoir le prix films en cours au festival Entrevues à Belfort, ce qui va nous permettre de le terminer dans de bonnes conditions.

Synopsis : Depuis quelques années, de grands travaux de rénovation modifient le visage de Marseille. Dans le quartier d’Arenc, des tours se construisent devant les fenêtres de Ouahib et lui obstruent la vue. Il faudrait qu’il parte, mais pour aller où ? Il arpente la cité phocéenne, caméra en main, pour garder une trace de ce qui va disparaître. Pierre est devenu aveugle. Il ne peut plus voir cette ville qu’il habite depuis longtemps mais il en perçoit les changements par les sons. Dans son appartement, il écrit des textes sur son rapport au monde et sa vision de Marseille. Rosalie est arrivée depuis peu pour retrouver le sud où elle venait, enfant. Elle cherche sa voie dans la ville et étudie le chant lyrique.

janvier 2022

Il y a plusieurs années, dans un rêve, j’ai prononcé cette phrase, Ne me guéris jamais. Ces mots résonnaient avec une parole du critique Serge Daney, que je venais d’entendre, où il parlait de l’avènement des images de synthèse. Il expliquait qu’avec cette nouvelle technologie, nous nous dirigions vers une image plus lisse où nous pourrions effacer les aspérités et tout ce que nous ne voulions pas voir. Il terminait avec ces mots qui me sont restés à l’esprit « une chose est sûre, nous mourrons guéris ». J’imagine qu’il voulait exprimer que nous voulions supprimer l’organique, l’imparfait, la mort que le travail du temps rend visibles mais qu’à la fois cela nous précipitait vers une autre forme de mort, beaucoup plus immédiate. J’ai souhaité reprendre ces mots avec l’envie que ce titre sonne comme un cri de résistance.

janvier 2019

Un chant pour un film à venir.

avril 2018

Le souvenir d’une conversation avec Zoheir Mefti en juillet 2013 me rappelle que la spirale du temps est encore au cœur de mes recherches.

novembre 2017

Photographies de Laura Ghaninejad. En haut, un bâtiment en construction à Téhéran, en bas, ma silhouette dans un hôtel à Djelfa, en Algérie.
C’est un peu le mouvement du film que je prépare. Tisser un fil entre plusieurs espaces, temps et langues. Ce fil pourrait se nommer amour.

 

Janvier 2017

Des vidéos comme un carnet de notes pour un film à venir.

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