A propos de Monsieur Morimoto ou les ravages du blues du buzinesseman

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Texte de Nicola Sornaga, juillet 2009

(EXEMPLE FLAGRANT DE LA OU CA BLOQUE QUAND ON SE DONNE LES MOYENS D’ECHAPPER AU FORMATAGE CRÉTIN DU MARKETING CINEMATOGRAPHIQUE)

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LE FILM A ÉTÉ PARMI LES 10 sélectionnés à Cannes en 2008 sur environ 350 films français produits cette année là

Monsieur Morimoto a remporté le grand prix d’interprétation masculine au festival de Bucarest 2009.

La dernière version du montage fait 25 minutes de moins que la version inachevée présentée à cannes.

Le film a trouvé un distributeur qui attend la copie 35mm

Le Making-off du film réalisé par Virgil Vernier a été sélectionné au festival du réel 2009

En gros le film était à Cannes, il a presque rien coûté et comme on l’a tourné spontanément en numérique et entre copains sans demander de subventions, le film n’a pas le droit à l’agrément du CNC et donc à l’avance après réalisation, il ne peut bénéficier de l’aide à la distribution du CNC et de l’aide Canal à la distribution.
Il est donc bloqué pour l’instant et ceci malgré l’enthousiasme croissant au fur et à mesure des projections des dernières versions du film.

Je dois dire que le CNC a tout de suite réagi en nous allouant une aide exceptionnelle au moment de notre sélection à cannes, sans quoi le public de la Quinzaine aurait attendu devant un écran vide.
Mais pris dans l’urgence du festival personne ne s’est posé le problème de l’agrément à ce moment là.

Aller à Cannes, à Venise à Berlin ou à Locarno a encore un sens pour les amateurs de cinéma, malheureusement plus du tout pour les nombreux distributeurs, vendeurs, chaînes de télé, qui s’ils ne sont pas intervenus en amont, ou pendant le festival, considèrent que le film quelque soit sa qualité est du « poisson pas frais » (vu et entendu de la part de plusieurs vendeurs internationaux connus de tous ); et ceci quelque soit la réaction du public.
Je parle là de la situation des films français aujourd’hui.
Donc un film français d’un auteur qui arrive dans un festival d’importance, sans distributeur,
sans vendeur, n’a presque aucune chance d’arriver en bout de course.
En tout cas ses chances de sortie normale s’en trouvent bien remises en question.
Surtout si le cinéaste n’en est pas à son dixième long-métrage.

En gros quand les petits essayent de s’en sortir et que ça marche plutôt bien on leur met des bâtons dans les roues
puisqu’ il nous manque aujourd’hui la copie et le mixage pour livrer le matériel au distributeur.

Si on n’est pas prédigéré par le système qui entend dicter à quelle page un personnage doit rentrer dans sa salle de bain pour se raser avant de se préparer des brocolis,
un film libre qui a poussé comme une fleur dans un champ n’a pas le droit d’exister.

En effet jamais un distributeur ou un financier quelconque (dans plus de 90 pour cent des cas) n’investit aujourd’hui une fois que le film a été tourné.
Comme si le cinéma ne s’écrivait qu’au scénario. On peut regretter que le CNC comme les autres (chaînes, distributeurs, vendeurs) s’aligne encore en grande partie sur cette logique.
C’est dément et ça explique la fameuse régression du cinéma français dont tout le monde se plaint.
Il y a de moins en moins de marge de manoeuvre pour inventer à tous les stades de la réalisation (tournage, montage, post-prod).

Tout cela est parfaitement en contradiction avec l’évolution de la technologie numérique qui permet de tourner de manière moins coûteuse.
Ceci ne signifie pas du tout que les gens ne doivent pas être payés, mais que les industries techniques hors de prix en France, doivent cesser de faire des fleurs au gros sous et de se faire des marges de malade, et s’intéresser un peu plus à la création.

Cela signifie simplement aussi que l’argent de l’industrie de la communication doit se reverser à tous les moments en une plus grande part dans la création

J’entends celle qui cherche un peu à affranchir les individus.

Pour ce qui est de Morimoto : « C’est du jamais vu  »
(dixit le Cnc), mais c’est que le début………

Parlez-en à vos amis financiers, distributeurs, producteurs et amateurs de Droopy japonais en exil

Par ailleurs la société vient d’acquérir les droits de mon premier film LE DERNIER DES IMMOBILES

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Nicola Sornaga

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