Dérives n°2 autour de Akram Zaatari et Tariq Teguia

thumb image
2010

L’exploration du travail des cinéastes contemporains Akram Zaatari et Tariq
Teguia est le point d’ancrage de cette seconde dérive. Akram Zaatari poursuit
une recherche artistique inscrite dans le contexte de l’histoire récente et conflictuelle
du Liban. Les films de Tariq Teguia explorent les failles et les lézardes
laissées en Algérie par le conflit sans nom des années 90.
Comment se réapproprier et représenter un territoire confisqué et une histoire
lacunaire, à l’encontre des images attendues et connues, ici comme là-bas ?
Orientées par cette question, ces dérives mettent en lumière des travaux d’artistes
portant leurs regards sur ces régions qui les habitent.

 

SOMMAIRE

sommaired21.jpg

sommaired22.jpg

couverture-derives2-revers.jpg

 

REVUE PAPIER

Dans le blanc des cartes, entretiens avec Tariq Teguia
Tariq Teguia, poursuit un travail de cinéaste en Algérie, pays marqué par une guerre sans nom et par la tentation permanente de l’exil. Son cinéma cerne au plus près les mouvements et les pulsations de la société algérienne, explore le territoire d’un pays en souffrance, et ouvre de nouvelles brèches dans le langage cinématographique.

Entretiens avec Akram Zaatari
Prenant pour point de départ ses premiers essais vidéo réalisés au milieu des années 1990, ces entretiens abordent les différentes facettes du travail d’Akram Zaatari. A la frontière entre le cinéma, la vidéo et la photographie, poursuivant une recherche inlassable des traces de l’après guerre civile, Akram Zaatari sonde les mémoires collectives de la société libanaise et présente une démarche artistique singulière autour des images et de leur devenir.

Al Yaoum, texte de François Cheval
Al Yaoum signifie « Aujourd’hui». Al Yaoum dessine à travers les images du passé le paysage mental du réalisateur aujourd’hui. Moins un texte critique qu’un écho direct au film d’Akram Zaatari, François Cheval, directeur du musée Niepce de la photographie, nous livre ici un texte personnel autour d’un cinéaste qu’il connaît bien.

L’art et l’autre image du réel, texte de Rachida Triki
Le cinéma d’Akram Zaatari et de Tariq Teguia nous renvoie à l’expérience du réel, dans des régions du monde souvent réduites à quelques représentations stéréotypées. Dans ce contexte, Rachida Triki philosophe, aborde ici la création visuelle comme processus de libération face au pouvoir déréalisant des images médiatiques.

Soliloques : entretien avec Véronique Goël
Véronique Goël cinéaste s’intéresse aux traces de l’histoire et aux
espaces architecturaux qui en portent la marque.
A l’orée des années 90, son expérience de la réalité algérienne et de
la ville d’Oran l’amène à réaliser un film : Soliloque 3. La question des femmes, la lente disparition des idéaux de la guerre de libération sont les lignes directrices qui alimentent ici une réflexion
générale autour du cinéma.

Ici entre Iran et cuba et Quand le Sang est admis, textes de
Samir Youssef
Ecrits lors d’ateliers à Tripoli, (Liban) menées par le collectif TRIPO 08, ces textes du jeune auteur Samir Youssef nous confronte à une violence que seule la langue poétique peut traduire.

Orientales, photographies de Angela Terrail et Soufiane Adel
Angela Terrail et Soufiane Adel a réalisé en 2009, une série de photographie d’hommes de sa famille. Jouant sur le format de la carte postale comme un rappel du « cliché orientaliste », ces images troublent le dispositif du portait en revisitant les codes d’appartenances.

Royaumes du Maroc, reproduction des sérigraphies de Mohammed El Mourid
Plasticien, Mohammed El Mourid a réalisé des sérigraphies sur peaux animales à partir d’anciennes photographies de portraits de familles marocaines. La dimension organique du support qui entraîne une disparition inéluctable de l’image est une des dimensions essentielles de sa démarche.

No man’s Land, texte et photographies de Edouard Beau
Quelques jours après la chute de Saddam Hussein, des soldats fuient leurs casernes et laissent derrière eux une pellicule négative d’autoportraits. Cette pellicule est retrouvée sur place par Edouard Beau, photographe alors venu témoigner du conflit. Celui-ci nous livre le récit de son expérience à travers ces images, fragments dérobés au quotidien de la guerre.

Photographie anonyme trouvée en Irak quelques jours après la chute de Saddam Hussein.

Utopie, texte de Martine Rousset
« Le cinéma abandonné, comme vieux monde »

DVD

La Clôture de Tariq Teguia
2004, 23’
À travers le cri de jeunes algérois vivant dans le renoncement, Haçla (la clôture) tente de donner à voir et à entendre, dans le labyrinthe d’impasses que constitue la ville d’Alger et ses environs, une société bloquée, refermée sur elle-même, où le cadre de la parole devient le seul espace de liberté individuelle.

La Clôture, film de Tariq Teguia, 2004

Lumière d’ Akram Zaatari
1995, 10’
« Lumière » traite sur le mode fictionnel de la découverte de la lumière par un jeune garçon et de son pouvoir de restitution des images.

Lumière, film d’ Akram Zaatari

Série Image + Son :

Apprends-moi d’ Akram Zaatari
1996, 6’
Apprends-moi l’amour est une interprétation d’images « icônes ». Ce court essai est construit sur l’attribution d’un nouveau sens aux images d’informations télévisuelles, où les bandes sonores des informations et des dialogues d’anciens films égyptiens viennent étoffer la signification des images.

apprends moi, film d’ Akram Zaatari, 1996

apprends moi, film d’ Akram Zaatari, 1996

Compte à rebours d’ Akram Zaatari
1995, 10’
Réflexion sur le cinéma et la télévision, ce film parcourt le monde en mélangeant des images de guerres réelles et de films commerciaux.

Les images qui pleurent d’Akram Zaatari
1995, 6’
« Ce ne sont que des images
Qui pleurent
La réalité »

Soliloque 3 de Véronique Goël
1992, 37′
Une ville, Oran. Un pays l’Algérie. Des femmes, leur absence présente et leur présence passée.
 Regard subjectif d’une cinéaste en terre étrangère.

Oran, Véronique Goël

La cassette de Soufiane Adel
2006, 20’
Août 1989, ma mère Zouina quitte la Kabylie avec mes deux soeurs, mon frère et moi, pour rejoindre mon père, mécanicien en France. Trois mois plus tard, elle reçoit une cassette d’Algérie…

La cassette, un film de Soufiane Adel

Série des K de Frédérique Devaux
2001-2008, 19′
« Chaque partie de K est axée autour d’une problématique : l’enfance, les manifestations en Kabylie, les femmes, les populations berbères… Il s’agit de ce que j’appelle une « chronique et biographie expérimentale ». K est la première lettre du mot Kabylie, le pays de mon père et de ma famille . »

K de Frédérique Devaux

Two thousand walls (Song for Jayyous) de Peter Snowdon
2006, 6’
La nuit. Une terrasse. Des voix d’enfants.
Des vers. Une ritournelle.
Durée en fragments, moment hors du temps.
Des figures-fantômes, qui peinent à exister, même ici, chez eux.

Résonances d’Ismaïl Bahri
2008, 7’12
« Un goutte-à-goutte rythme une prospection de la mémoire de ma maison d’enfance, sur laquelle des mots, notés en langue arabe, et à l’encre noire, se disséminement progressivement ».

Résonances, film d’Ismaïl Bahri, 2008

Vues du monde : le temps d’un plan : des regards portés ici et ailleurs.
Films de Waël Noureddine, Dominique Dubosc, Philippe Cote, Ben Russell, Combes & Renaud, Edouard Beau, Miro Soares, Mazen Kerbaj …

Camp de Khan Younis (Bande de Gaza) / Dominique Dubosc