
J’avais 24 ans lorsque j’ai écrit Mange tes morts. Je vivais encore à Marseille et je venais de perdre ma mère. À cette époque, on racontait qu’un vortex se trouvait au carrefour des Réformés. J’ai imaginé un film comme un grand rituel cinématographique pour les morts. Entièrement autoproduit, il a été tourné tous les week-ends pendant trois mois avec une immense communauté d’ami·es et de connaissances. L’écrivain Onuma Nemon et le musicien Richard Pinhas ont accompagné son écriture.
« Le film prend place à Marseille. Il s’ouvre sur le bordel d’un appartement, celui d’un jeune type amorphe, que l’on vient embrasser dans son fauteuil avant de le laisser seul, emmitouflé dans une couverture bleue. Dans un autre appartement, on assiste aux préparatifs d’une fête. Tout se fait dans une absence de paroles. (…) Le film, à la limite de l’expérimental, parvient à rejoindre la fiction à travers ce personnage masculin dépressif et le récit de sa journée. Un vide se dessine. Les cadrages, larges et composés (dans leur bordel), la lumière, toujours précise et pourtant si libre, soulignent le poids d’un monde où les personnages mutiques semblent tous habités par un spleen invisible. Un film beau et surprenant, peut-être la plus grande découverte du festival Côté Court. »
Texte de Quentin Le Goff pour Côté Court
Avec Aurélien Lemmonier, Mélodie Duchesne, Margot Degert, Maïka Saworvski, Maria Passarelli Volpa…
Image Camille Buti, Damien L’Herbon de Lussat. Son Hadrien Bayard. Premier assistant Benoît Seiller, Theodore Vodenitcharov. Costumes Sabrina Noiraux. Montage Dania Reymond. Musique Richard Pinhas. Textes Onuma Nemon et Amélie Derlon Cordina.





