L’îl / I-land

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Film de Fabrice Coppin, 2019

Formats super8/HD
durée: 40mn
avec : Geoffrey Cuet, David Yon, François Billaud

Synopsis

Alors qu’il fait la découverte d’une île, le personnage du film nous livre l’intimité de son désir qu’il a pour les hommes.
Le film commence par l’expression d’une souffrance très enfouie qui se traduit par l’enfermement du personnage principal dans une pièce depuis laquelle il s’exprime.
En creux, c’est plus largement la souffrance de la minorité homosexuelle dont il parle.
Puis il nous emporte vers la rencontre d’une île. Par ce détour métaphorique, nous entrons dans l’intimité du personnage et dans celle de son désir.

 

Note à propos du film


J’ai commencé à travaillé sur ce film il y a plusieurs années avec l’envie de raconter mon désir pour les corps masculins. Je pensais que le cinéma était le meilleur moyen pour moi d’exprimer des émotions qui puisse parler à un plus grand nombre. Dans mes deux essais documentaires précédents, îls, et Anges photophores, il est déjà question de cela. Mais je souhaitais aller beaucoup plus loin en questionnant ce désir de manière très intime en partant de ma propre expérience. Le fait que j’incarne moi-même mon propre personnage s’impose donc progressivement.

Le processus du film s’accorde depuis le départ aux mouvements de ma vie. C’est en effet à partir d’événements qui surgissent du réel que j’envisage les principales séquences.

J’avais commencé à tourner en super 8 il y a quelques années en choisissant un « modèle » masculin. La construction du film commence comme cela, d’abord avec cette urgence de filmer les corps en allant au plus près de la peau.

De là naissent des complicités artistiques. La première est avec le poète Pierre Guerry qui écrit un récit inspiré de mes premières séquences super 8. La seconde avec le cinéaste David Yon avec lequel je nourris de nombreux échanges tout au long de la fabrication du film. Nous tournons des séquences ensemble dans lesquelles nous sommes à la fois personnages et filmeurs.

Dans le même temps je fais la rencontre avec l’acteur Geoffrey Cuet alors que je cherche un personnage pour le film. Nous tournons des séquences ensemble à Marseille.

Je fais aussi la rencontre avec le cinéaste François Billaud avec lequel je partage mes réflexions autour du désir. Elle se concrétiseront dans le film par sa présence dans l’une des séquences importantes du film.

A propos de l’île  : elle a une existence au même titre que les autres personnages du film. Elle représente le mouvement du désir mais aussi d’autres émotions qui lui sont associés. L’île me permet d’aborder cette complexité de mon désir pour le corps de l’homme, car elle laisse ouvert le mystère tout en offrant des clés qui touchent davantage l’inconscient : « L’élan de l’homme qui l’entraîne vers les îles reprend le double mouvement qui produit les îles en elles-mêmes. Rêver des îles, avec angoisse ou joie peu importe, c’est rêver qu’on se sépare, qu’on est déjà séparé, loin des continents, qu’on est seul et perdu – ou bien c’est rêver qu’on repart à zéro, qu’on recrée, qu’on recommence. Il y avait des îles dérivées, mais l’île, c’est aussi vers quoi l’on dérive, et il y avait des îles originaires, mais l’île, c’est aussi l’origine, l’origine radicale et absolue » Gilles Deleuze (L’île déserte et autres textes).

Lire la biographie de Fabrice Coppin
Contact : fabrice.coppin@gmail.com