Un été. (Suite et fin).

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Livre d'Yves Tenret publié en 1973 à La pensée universelle.

« — Mais quelle Langue ? s’agit-il vraiment d’une métalogie, d’une langue première qui rendrait à la végétation du « parler » la sève de ses racines profondes ? S’agit-il de cette langue vivante qui se forme — qui pourrait se former si les Terreurs étaient désarmées — dans une sémantique enrichie par l’étrange floraison des psychologies nouvelles ; de ces psychologies qui pourraient enfin, sur les beaux mots, sur les mots heureux et forts, dévoiler tout le « spectre » des valeurs inconscientes, subconscientes, claires, sublimées, dialectisées, feintées ? Non, le critique littéraire se donne pour fonction de maintenir les « interdits rhétoriques ». Il cristallise les « fonctions de surveillance ». Le « langage écrit », dûment morigéné par les professeurs et les critiques, est ainsi soumis à une sorte de censure constante, de « censure spéciale », à une censure qui est, en quelque manière, attachée à la plume, à une Terreur intime qui coagule l’encre de tout apprenti écrivain. Elle trouble la vie littéraire dans son principe même. Elle met la censure, une censure extérieure, au niveau même de l’expression intime. Loin d’aider à l’effort inouï de création verbale, elle l’entrave. On peut être sûr qu’un Professeur de rhétorique, que « Terreur » retranche toujours quelque chose à l’imagination verbale.» Gaston Bachelard.

Une terrible tentation de jouer avec la mort était en nous. Nos tendances… Le jeu au début sans passion s’anima vite. Nous parlions suicide. Nous parlions souvent suicide. Piotr racontait comment, vers les années vingt, en URSS des milliers de jeunes s’étaient tués.
Il marchait, immense et choquant avec sa tête sans cheveux, ni sourcils, irrité. Trois fois qu’il revenait à vide. Partant d’une lombaire une brusque montée de rage le surpris. Il shoota brutalement dans une poubelle. Un enfant narquois fredonna en sautillant derrière la poubelle : — Mijn volleback is kapot. Le porteur saisit alors un paquet de 250 cartes à pleines mains et les projeta vers le gosse. Celui-ci s’écarta et ravi, assista à l’éparpillement des publicités. Le gros continua sans se retourner. N’arrivant plus à se contrôler, renversant la moitié de son caté sur son pantalon noir, il cracha :

— Toi le troufion de deuxième classe, ta gueule !

Il ajouta un moment plus tard :

— Et toi aussi le fils à papa. Ton sourire, tu peux te l’enfoncer.

— Une heure de travail par jour…

Irrité par la résistance qu’il sentait chez son interlocuteur, il éclata :

— Et la journée de huit heures, tu croîs qu ils nous l’ont donnée ? Non ! Nous l’avons prise. Je te jure que si on se tenait entre nous, oui entre nous, tous ensemble, des saloperies comme laisser un gars dans un bled ne se représenteraient plus.

Le cou de Dewens rougit. Le crâne de Dewens rougit.

— Si le lendemain personne n’acceptait de travailler. Tu verrais. Bordel de nom de dieu ! Tu verrais.

Orthon insista pour reprendre sa veste mais Dewens interprétant mal son geste continua avec sa voix zozotante de soupe au lait de lui ordonner de s’en aller.

— Ouais, ouais, je vais me casser. Mais d’abord je veux reprendre mes affaires.

JJ gêné tourna la tête vers 1’avant de la voiture. Mickils espérant secrètement qu’ils allaient se taper dessus se mit à fouiller dans le coffre semant encore plus de confusion. Piotr, lâche, se maudissait. Philippe lui affirma qu’il était prêt à partir s’il était renvoyé.

— Je veux bien discuter avec De Back mais si on le contrarie, il devient fou.

Le nouveau sans hésiter balança 50 cartes dans les orties. Il descendit l’avenue en trottinant. Il était inquiet : son genou n’allait-il pas le faire souffrir ? Fayot descendit de la camionnette et des pieds, il écrasa les mauvaises herbes. On ne sait jamais. Un coup de chance. Orthon jetait des cartes, il en était certain. Celui-ci ne s’en cachait d’ailleurs pas. Il se permettait même d’informer les nouveaux des meilleures combines.

GENTBRUGGE

Sur le canal aux eaux paisibles, les cartes s’étaient répandues et constituaient un vaste tableau abstrait. Albina, pareil à une bête traquée, s’encourut. Ce putain de sac qui s’était déchiré. Quelle tuile ! Les pêcheurs somnolaient au soleil. C’était une bonne blague ces « Voulez-vous être en avance sur les autres » qui passaient lentement devant eux. Une idée bien saugrenue d’ailleurs. Un gag sans doute. J’aimerais savoir si je peux réussir comme programmeur. Pour cela, je voudrais recevoir, sans engagement, la documentation et le test entièrement gratuits. La boulangère accepta et prit les trois paquets qu’il lui demandait de brûler et les glissa sous son comptoir.

Nederlandse tekst op aanvraag.

Ce n’est pas mortel. Tu ne vas pas en crever.
Content parce que dans cette rue, les maisons, semblables jusqu’aux plus infimes détails, avançaient sur les trottoirs des boîtes identiques. Il accéléra le pas.

— Vous savez même le Seigneur s’est reposé le septième jour.

Et ces perrons, c’est vraiment la tasse, vu. J’ai déjà l’impression que mes jambes vont se tasser sur mes mollets. Il rugit qu’un ordre ça ne se discute pas. Dans les films de guerre, les gradés gueulent toujours. Réformé pour surdité partielle. La boniche. Espagnole. Il tire une dernière fois sur la cigarette et il glisse un feuillet dans le livre. Il se précipite vers le lit. Déjà onze heures. Il arrache ce qu’il peut de drap et de couverture à la môme. Il se roule bien dans le drap pour qu’elle ne puisse rien lui reprendre et il s’endort d’un sommeil jouissif. Tellement agréable que ces derniers temps il le préfère même à l’accouplement. Le jeu de la bête à deux dos, c’est bon pour le week-end. Les prolos ça doit dormir.

— Avant on ne marquait pas les cartes. Puis un jour Fayot est convoqué au bureau. 750 cartes ont été repêchées par des hommes-grenouilles. Elles bloquaient une écluse. Y z’étaient pas contents.

L’italien s’abaissa. Par terre une carte d’une maison concurrente. Pas de « affranchir à 2 f 50 » mais « Si vous n’êtes pas pressés n’affranchissez pas ». Il la plia et la rangea dans sa besace. Il compte la montrer au chef. Démoraliser les chefs, c’est son hobby. Il adore colporter les ragots.

— Vous savez que De Back va être nommé chef des chefs d’équipes. Il a dit que lui seul était valable. Fayot boit. Dewens est trop vieux et vous je préfère pas répéter. Non. Non. Après vous allez m’en vouloir…

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MARGAIL

Dans chaque boîte profonde, Tony jette 3, 4 cartes. Il sait que Dewens n’est pas De Back. Pourtant il surveille bien. Son système d’estimation n’est pas mauvais. Mais sans preuve que peut-il prouver ? Rien. Trinkel, de son pas extrêmement rapide, foule le macadam. Les cartes pliées avec dextérité s’engouffrent à rythme fou. Il en met 4000 sur le temps où les autres en mettent 3000. Van Spinsen appuie sur le bouton de l’ascenseur. Cette cité d’au moins cinq cents boîtes est pour lui une bonne affaire. Il pourra jeter 250 cartes et traîner dans un café. S’assoupir un peu et refaire des forces. Jean-Luc ravi attend un instant avant de mordre dans sa tartelette aux fraises. Il avance la bouche mais son sac lui heurte le coude. Orthon éclate de rire. Cette carte ne peut être jetée sur la voie publique.
Cette débauche de sentiments. Cette profusion de sentiments, ce manque d’objectivité, le rapprochement de plans divers affectant plusieurs points de l’affect, l’écœure. Il aurait aimé ne plus aller au cinéma mais une habitude de cinéphile maniaque est bien enracinée en lui. De plus, quoi de plus rassurant que combler une absence de contact, due à l’émoussement des esprits après six mois de vie commune, par une plongée dans la fiction. Souvent, perdant le sens des valeurs instinctuelles, il luttait contre le sommeil pour deux minutes supplémentaires de Bresson ou de Mekas.
Le réveil sonna et Orthon bascula hors du lit. Il se réceptionna bien. Enroulé dans la couverture, il dormit encore sept minutes. Son frère l’amena à la vie éveillée d’un coup de pied dans les fesses. Il vacilla jusqu’à la salle de bain et oubliant d’enlever son pyjama, il ouvrit la vanne d’eau froide. En bas sa mère lui avait préparé des toasts et du café. — Vous avez bien dormi ?

Samedi 12: L’Espoir, de André Malraux et Le souffle au cœur, de Louis Malle.

Dimanche 13 : Taking off, de Milos Forman.

Lundi 14 : Duel au soleil, de King Vidor.

Assis au soleil, ils attendent Bavrès. Ils en viennent à parler de l’ambiance qui règne ces derniers temps au boulot.

— Des gosses ! Comme Orthon en Hollande. Il a fait tout ça, tu sais pourquoi ? Parce qu’il était jaloux.

Secouant sa chevelure, il répète :

— Oui, jaloux, jaloux. J’avais passé la journée avec lui et on avait même acheté des bouteilles d’alcool ensemble. Puis le soir, j’ai commencé à boire avec Albina et Fayot et ils n’aiment pas Orthon. Alors Orthon est resté seul dans son coin.

— Il t’apprécie vachement en tout cas. Il m’a raconté avec fierté qu’il allait souvent chez Trinkel.

— Ouai, je sais. Même qu’un jour, j’ai été chez lui, alors sa mère m’a dit : — Ah ! vous voilà enfin Monsieur Trinkel. Mon fils nous a tant parlé de vous.

Jeudi 17: La mort d’un commis-voyageur, de Laslo Benedek et Le plaisir, de Max Ophuls.

Dimanche 20 : La mort d’un cycliste, de Juan Bardem et Les mouettes meurent au port, de Rik Kuypers.

Les dalles bleues de largeurs inégales ne permettent pas d’aller vite. Rendues glissantes par la pluie, une chute est possible. Les chaussettes trempées, Bastin continue de marcher. Il aurait dû s’abriter plutôt.

— Vous avez vu la concurrence. La carte de méthode nouvelle « Voulez-vous, madame, mademoiselle, trouver très vite un emploi agréable. Gagner facilement plus d’argent chaque mois… Etre « quelqu’un » dans la société de demain… Oui cela vous intéresse.

— Mais c’est seulement pour les perforatrices.

— Cette carte, mais ils font tout.

Pour la sécurité sociale. Les distributeurs « toutes boîtes » ne sont pas indépendants, mais salariés.

Lundi 21: Mamme don’t allow, de Carl Reiz et Tony Richardson.

Mardi 22 : Un condamné à mort s’est échappé, de Robert Bresson.

Mercredi 23 : Nuits blanches, de Luchino Visconti.

Jeudi 24 : Cendres et diamants, de Andrzej Wajda.

— Tu veux un Série Noire ? Il n’est pas mal. Je l’ai lu hier.

— Non, ça va, je m’occupe manuellement.

Grands sourires. Sourires chauds. Sourires vite cassés. Le Penser. Le Sentir. Le Penser. Le Sentir. La fille, les lèvres baissées et pincées dans un rictus méprisant ou peut-être haineux, s’enfonçait dans son habituelle sentence martiale, sa condamnation définitive de l’instant. C’est vraiment n’importe quoi ! La rue était pleine de pas. Un phylactère énorme contenait le n’importe quoi ! fatidique. La dernière syllabe plus accentuée était imprimée en caractères gras. Brusquement submergé, il gueule : « Va te faire foutre ». Il se tourne et part à grandes enjambées dans la foule. Sa révolte ne tint qu’un pâté de maisons.
Moyenne d’âge chez Advance : vingt-et-un ans. Dans les autres firmes de distribution : quarante-cinq ans. D’où chez nous une ambiance jeune, agréable, compétitive.

TURNHOUT

Samedi 26: La jeune fille, de Luis Bunuel et L’Enclos, de Armand Gatti.

Dimanche 27 : Hallelujah the Hills ! de Jonas Mekas et Histoires de la révolution, de Tomas Gutierrez Alea.

Le cou oblique, il la zieute. Il jure. Il grogne. Les vieux lui avaient sûrement attaché le pouce pour qu’il ait si peu le sens de la spatialité. Il revient vers elle.

— Alors ? Qu’est-ce qu’on branle ?

Elle ne peut s’empêcher de sourire. C’est donc la face encore un peu illuminée qu’elle lui répond, faussement passive :

— Ce que tu veux.

Ils continuent. Ils vont du diurne au nocturne au milieu des passants qui se dégarnissent. Une sourde plainte, une plainte de bête blessée. Cette fois-ci ce sera sans retour. Pas rancunier, il veut l’embrasser. Dégoûtée, elle écarte la face. Il hurle. Il hurle qu’il va la frapper jusqu’à ce qu’elle crève. Et elle. Elle. Elle rit, amusée.

BOUILLON

Une firme d’édition de périodiques publicitaires gratuits utilise pour la distribution de ses imprimés des pensionnés, des invalides et des ouvrières qui peuvent ainsi, dans certains cas, faire un travail à temps partiel. Ne pas affranchir !

Lundi 28: L’Evangile selon St Matthieu, de Pier-Paolo Pasolini.

— Tu sais, Anthy, ils rient tous lorsque j’en parle. Mais c’est vrai pourtant. En voyant l’Enclos, j’ai pensé sans cesse à mon boulot. C’est un boulot qui rend paranoïaque. Imagine dix heures par jour que tu passerais dans un climat de suspicion.

Elle, cultivant son genre taciturne, ne hoche même pas la tête. Il se remet à hurler, loup à la mort.
Philippe, en marchant, la main droite tendant les fiches à la main gauche qui les plie adroitement puis, lorsque le pouce a reculé la plaque de métal, les fourre dans les boîtes de bois ou de métal ou simplement dans un couloir derrière une porte de rue, se remémore Nizan. Les aventuriers, les fous, ne sont pas les seuls êtres sans racine, sans amitié : dans les maisons bourgeoises alignées dans les rues vivent des habitants sédentaires que rien n’attache au monde, qui ne se mêlent pas plus aux hommes que l’huile à l’eau. Et pour ne pas se laisser aller à une colère mesquine, faite de soucis d’argent et de temps de travail perdu, il force son esprit à la concentration. Discontinu ou continu ? Langage parlé ou langage écrit ? Rues cossues. Magasins bien achalandés. Personnel aimable et distant.

— Non ! Anthy, écoute… C’est drôle. O.K. Mais ce qui met les deux choses en parallèles, ce sont les données. Admettons, un camp sans miradors, sans rondes. Un bruit, les gardiens tirent. Au boulot même topo. De nombreuses données : temps, secteur, surveillance, etc.

A ce moment, comme pour participer, Philippe leva les yeux. Il débita sans reprendre son souffle : — Je suis d’accord avec Suzuki. L’esprit occidental se révèle analytique, discriminatif, inductif, scientifique. Il aime à généraliser, à élaborer des concepts, des lois, à organiser. Il se veut schématique, impersonnel. Il est dominateur, toujours disposé à affirmer son importance, à imposer sa volonté à autrui. Tout au contraire, l’esprit oriental est synthétique. Il totalise et intègre et ne dissocie pas. Il est déductif, dogmatique, intuitif, affectif. Il n’est ni systématique, ni discursif.
Serge, vicieux, veut en savoir plus. Ces travailleurs tombent-ils sous l’application de la législation sur les accidents du travail ? Il crache une suite de mots sans lien logique entre eux. Il croit l’entendre émettre un « chut » réprobateur.

— Oui, je gueule, et alors ? Merde ! J’en ai rien à foutre. Qu’ils viennent seulement me coller une amende tes tas de connards de flics. La rue est à moi. La rue nous appartient. Mettant ses mains en porte-voix, il gueula : — Z’entendez tas d’enculés de bourgeois, la rue est à moi ! Une impression de faiblesse physique l’arrêta et il partit d’un rire dément. Il lui prit un bras et le serra : — Viens on va vider un godet.
Au bistrot, à cause de la lumière, les gens avaient des têtes de cadavres. Ils montèrent à l’étage où ça causait affaires.
— Des bistrots comme ça avec des grosses poutres, Prague en est plein.
Elle le fixe, incrédule. « N’importe quoi », signale la bulle. Une étrange prière l’obsède : — Fermes ta gueule. Fermes ta gueule. Fermes ta gueule !

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Mercredi 30 : Dilinger est mort, de Marco Ferreri et Vilains oiseaux, petits oiseaux, de Pier-Paolo Pasolini.

Samedi 3 : Mort à Venise, de Luchino Visconti, Les Désaxées, de Michel Lemoine et Frustration, de José Benazeraf.

Dimanche 4 : Luke la main froide, de Stuart Rosenberg.

Jeudi 8 : La kermesse héroïque, de Jacques Feyder.

— Bon, repartons à zéro. Le chef d’équipe nous dépose avec 750 cartes. Il nous confie un secteur. Première donnée : en ville 500 cartes à l’heure, à la campagne 300. Seconde donnée : en ville ils ignorent le nombre de boîtes par secteur. Ils évaluent. Voilà le genre de données que l’on peut avoir. Ce que je fais souvent, c’est dès le début (en général je descends le premier) balancer 125 cartes dans une poubelle.

— Pourquoi 125 ?

— Parce que cela crée une petite épaisseur en main. Je porte toujours un paquet de 250 cartes à la main de façon à les amener à le fixer. Donc lorsque je jette les cartes de ma besace, ils ne soupçonnent rien. A la campagne, il suffit de les enterrer. En ville, je cours dans un terrain vague en écartant sans les casser les orties et les ronces, et je dépose mon paquet sous des détritus. Puis je sors toujours en courant, par une autre extrémité. S’ils veulent les retrouver, ils doivent mettre à nu dix à quinze mètres carrés.

Interrogé sur ce point, le ministre de la Prévoyance sociale rappelle que tombent sous le préjudice de la sécurité sociale tous les travailleurs liés par un contrat de louage de travail.
Pour échapper à son cafard, à l’idée que l’insécurité venait de ce qu’ils n’étaient pas comme eux, il essaya de se mettre en marge. Ce n’est pas l’homme qui possède la vérité mais la vérité qui possède l’homme. Tremblant, il s’alluma une autre cigarette. Il s’étendit et, les yeux fixés sur le plafond couvert de papier d’argent, il essaya de visionner les rythmes obsédants de la musique. Entre ses paupières et sa pupille bleue fragmentée de blanc, il voit de grands oiseaux amenés par la lente descente et la lente remontée des lèvres. Des grues du Japon et des mouettes fortes dans leur vol.
Ce qui suppose que le travailleur effectue ses prestations dans un état de subordination caractérisé par la possibilité pour l’employeur de manifester son autorité dans tout ce qui a trait à l’exécution du travail.

— Tu sais ce que Jean Paulhan disait des critiques du XIX e ?

— Non.

— J’apporterai le texte demain.

La vue des oiseaux tournoyant autour de l’île lui amena le cri. Serrant les dents, il vibra des cordes vocales. Le son s’échappa à l’air libre. Manque une incisive, deux canines, une prémolaire à la mâchoire supérieure. Deux incisives, deux prémolaires et une molaire à la mâchoire inférieure.

— Ça n’a pas l’air de les impressionner beaucoup, dit la fille serrant sa main, à la fois amusée et effrayée par son comportement bizarre.

— Bof ! Les cygnes ! Vais leur foutre des coups de pieds au cul. Tu vas voir si ça ne les impressionnera pas.

Il n’en fit rien et répondit à Grand Jean (à quarante kilomètres de là un autre jour).

— Manque de contacts mon vieux. Si tous les adolescents en parlaient. Quand ça m’est arrivé pour la première fois j’avais dix huit ans. J’étais à Londres. Une angoisse mon vieux ! J’en dors pas. Le matin à jeun, je me lève et je vais acheter, moi qui ne boit quasiment jamais, une bouteille de gros rouge. Comme je n’avais pas de tire bouchon, je brise le goulot sur un réverbère et me voilà déambulant avec une envie de crever complètement dingue.

Dans le cas des distributeurs de publicité, dit encore le ministre, l’office national de sécurité sociale n’utilise pas de critères fixés préalablement mais procède à des enquêtes en vue de s’éclairer le plus complètement possible sur les conditions dans lesquelles le travail est exécuté.

Jeudi 15 : Manon, de Henri-Georges Clouzot.

Vendredi 16 : Le Messager, de Joseph Losey.

Samedi 17 : Casque d’or et Touchez pas au grisbi, de Jacques Becker.

« …au XIXe siècle, il y avait des critiques dogmatiques (comme Veuillot) et des critiques dilettantes (comme Alphonse Karr). Il y a même eu des critiques dogmatiques qui sont devenus dilettantes (comme Lasserre) et des dilettantes qui sont devenus dogmatiques (comme Lemaître). Il y avait des critiques érudits (comme Faguet) et des critiques ignorants (comme Larroumet) ; il y a même eu des ignorants (comme Souday) qui sont devenus érudits et des érudits (comme Deschamps) qui sont devenus ignorants. Il y avait des critiques qui lisaient pour leur plaisir (comme Sarcey) et d’autres pour leur ennui (comme Barrés). Des critiques qui jugeaient par lois et par règles (comme Hennequin) et des critiques qui tranchaient à bâtons rompus (comme Léon Daudet) ; il y avait aussi — c’étaient les plus impitoyables — ceux qui prétendaient ne pas juger du tout (comme Anatole France) ; il y avait des critiques qui se prenaient pour des botanistes (comme Renan) ; il y avait des critiques qui portaient la politique en littérature (comme Proudhon) et d’autres qui portaient la littérature en politique (comme Maurras) ; il y en avait qui brouillaient si bien toutes choses que l’on n’y distinguait plus la politique de la littérature ni la prière de la poésie (comme Bremond) ; des critiques qui recherchaient obstinément un homme (comme Gourmont) et d’autres qui se contentaient d’un auteur (comme Brunetière) ; il y a eu des critiques esthètes et des savants, des moralistes et des immoralistes, des voluptueux et des froids, des pesants et des volages, des solennels et des vadrouilleurs, des professeurs et des hommes du monde. Mais ils se ressemblaient tous en un point. Mais ils avaient un trait commun qui passait de loin ces légères différences : c’est qu’ils avaient tort. »

Sous réserve d’un examen plus approfondi, le ministre est toutefois d’avis que ces « distributeurs » exercent leur activité dans les liens d’un contrat de louage, de travail et doivent dès lors en principe, être assujettis pour cette activité au régime de la sécurité sociale. Adieu, bonsoir, à la prochaine. Souvenir inoubliable. Je me réveille la nuit en sentant ses mains sur mon absence d’os super mouillé. Bien sûr après cinq minutes, j’abandonne. Et la v’là qui se fout à chialer : c’est de ma faute, c’est de ma faute. Je ne suis pas du tout réceptive. Dis tu ne m’en veux pas. C’est la première fois que cela m’ arrive. Je pense trop à lui. J’ai l’impression de le meurtrir. Et elle se taille.

— C’est comme moi pour un rien, je débande.

J’aimerais savoir si je peux réussir comme programmeur. Pour cela, je voudrais recevoir, sans engagement, la documentation et le test entièrement gratuits.
Cet assujettissement n’est cependant effectif que si les intéressés exercent cette activité à raison de prestations dont la durée dépasse habituellement (ne fut-ce qu’une seule fois par semaine) deux heures par jour.

Mardi 20: Le petit soldat, de Jean-Luc Godard.

Mercredi 21 : Rio Lobo, de Howard Hawks.

Jeudi 22 : Fric-Frac, de Maurice Lehmann.

— T’as lu ? — Non. — Alors écoute ça. Tuée par trop d’anges et trop de fous, par trop de nuages, de lumière, d’extraordinairement, d’infiniment, d’intolérablement. Par trop d’indiscrétion. — Vu ?

— T’es un chef, un vrai petit chef.

Sternutation. Grand cri. Coup sec du pied droit. Bond grotesque. Satisfaction. Autosatisfaction. Tremblement de la rétine. Vibrations des cordes vocales. Articulation sèche.

— Je frappe toujours du pied quand j’éternue.

Regard méprisant. L’ivrogne ne disparaît pas. Il insiste. Il renverse son verre. (Et là-haut, la fille qui croyait son vagin loué est ravie parce qu’elle peut se contenter de dire au gars qu’il les a grosses comme des ballons de football.) C’est vous qui êtes vulgaire ! La troisième équipe vient de remplacer la deuxième. La plupart de ceux qui sortent sont groggy. L’un d’eux manque de peu le canal. Il redresse la bicyclette sans savoir que c’est à cause de Van der Veld qu’il en est ou il en est. Dans son ivresse, ivresse due uniquement à la fatigue, il entend la voix du frère qui lui répétait si souvent : — Tu es du genre : ce qui est, est. Il est bien rangé le frangin à présent. La vie l’a laminé. L’ivrogne saute d’un pied sur l’autre, les bras écartés du corps dans une ébauche de danse. Danse de la joie. La fille apprécie peu que ces gambades lui soient destinées. Triste hommage.

— Partons ordonne-t-elle. Cet endroit pue la mort.

Interrogé sur le fait de savoir si ces distributeurs pouvaient être considérés comme des travailleurs indépendants, le ministre des Classes moyennes répond…
Ombre. Pénombre. Espace diurne. Espace nocturne. Tentation de résonner de l’orgue dans le lointain. Point d’orgue, un ou deux tambours. Trois temps. Les baguettes tombent, roulent, et dans un claquement sec remonte. Claquement sec. Le voile se déchire. L’hymen se brise. Un cri. Ombre. Penchés sur eux-mêmes, ils s’apitoient sur l’impossibilité. Ils ne peuvent lutter pour arracher à la vie le nécessaire à leur survie. C’est leur mission disent les uns. Temps volé à l’ouvrier disent les autres. La troisième équipe sort des vestiaires pour se disperser vers les chaudières et les fours. Certains sont concentrés. Un moment d’inattention et… Une cigarette fumée à la dérobade. Un mouchardage peut leur coûter leur place. Les pompiers de nuit jouent aux cartes. Peu vivent leur présent. La fille à la recherche d’une ambiance, d’un climat s’énerve et son cavalier en subit le contrecoup. Dans les grands ensembles, les célibataires se longuent-vue. Au bowling, Alain Populaire expose ses idées. La troisième équipe travaille, essaie de combler le retard dû au quart d’heure de battement. Je vais jouir. Un gars médit de moi. Ma grand-mère, le gros doigt de pied lui chatouillant sait que je vais venir.

On se baladait à poil avec Marinette devant les fenêtres pour les emmerder. Marchant d’un pas pressé, elle sourit tournant et retournant cette phrase dans sa tête. Elle essaye de ne pas voir les rues qui, animées dans la journée par le va-et-vient des cols blancs, sont à cette heure déserte. Tous les grands bâtiments morts lui donnent un cafard monstre.

— Non m’sieur, je travaille.

Et moi, malade comme un chien seul peut l’être, je gémissais sous l’évier. Couché en chien de fusil, je voulais rendre le gin, le whisky, la vodka et la grenadine que ce connard de voyeur fasciste nous avait fait boire. Entre deux spasmes, elle me demanda si je tenais toujours le coup. Je lui répondis, ce qui nous fit bien rire le lendemain, que tout ça n’était que du cinéma. Et Paule s’endormit apaisée.

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Dimanche 25 : Hallelujah the hills : a romance de Jonas Mekas, Help, de Richard Lester et L’espion qui venait du froid, de Martin Ritt.

Mercredi 28 : La chinoise, de Jean-Luc Godard, Ulysse, de Joseph Strick et Les gauloises bleues, de Michel Cournot.

Pourtant cela avait bien commencé. Il était venu nous prendre à la grande place à l’heure dite. A son club, nous avions dégusté des spaghettis thon persil et un poisson succulent. Accouplement obscène des mots. Accouplement stérile. Son débit coulant et nerveux n’avait pas réussi à nous couper l’appétit.

— L’Italie est un pays de plus de cinquante millions d’habitants qui ne peut en nourrir que trente. Sur ce, gros rires, rires gras, rires épais.

— Oui, je suis fasciste et je ne m’en cache pas.

La réponse à la question dépend donc d’un élément de fait : y a-t-il ou n’y a-t-il pas, en l’espèce, contrat de louage de travail ?

Samedi 31: Vladimir et Rosa, de Jean-Luc Godard et Gammelion, de Gregory Markopoulos (dont Roland Lethem dit que c’est une éjaculation géniale).

Il interrogea les gamines. Elles étaient effrayées. Surtout parce que l’une des trois, celle qui tient la corde à gauche, l’a interpellé d’un « Hé ! Madame ».

— Tu n’as pas vu passer un homme blond, barbu.

— Non.

— Un blond de la même taille que moi.

— Non ! Un marocain, oui. Le visage plissé, adulte, hargneux : — Nous on est italiennes. — Y fait trop chaud, hein ? — Ouais, trop chaud.

Paupières à demie levées, il fixe la place Flagey à travers la petite lucarne arrière. Sept heures. Plus le temps de boire un café. Sans penser à ce qu’il fait, ni à rien, il saute hors du lit, enfile ses vêtements et se précipite dans l’escalier. Il franchit la place au galop. Le 93 va partir. Le sémaphore passe au rouge, sauvé !
Dans le fond, une place est libre. Il s’assied et pour ne pas s’endormir — ça lui est arrivé une fois. Il s’est retrouvé à 8 heures au dépôt du bois et le lendemain matin c’est adjugé un jour de mise à pied — il observe les gens. Ils manquent de naturel. Ils sont crispés. Beaucoup cabotinent et prennent des têtes qui la plupart du temps ne leur vont pas. Un homme par geste lui propose de l’argent.

— Va dans ta chambre !

Le gros dégoûté, du menton cherche à attirer le regard de Bostin. Au bout d’une minute arrivant à ses fins, il grogne et des yeux fixe le riz. Bostin goûte. Il lui semble avoir mis en bouche une cuillère à soupe de sel. Il mâche quand même. Il mélange les endives, sauce béchamel, et le riz et continue à les porter à sa bouche bouchée après bouchée. Elle, la tête dans l’assiette, attend résignée. Elle sait qu’elle va être plaisantée des heures durant. Elle s’exhorte à la patience.

— C’est plutôt salé, non ?

— Je sais pas. C’est pas fade en tout cas. C’est pas brûlé non plus. C’est… Comment dire… C’est…

Et le livre de celui que tu appelles le réducteur de têtes se termine par…et de la rosée qui féconde.
II ruminait ses torts. Le mouvement à la fois composé et décomposé se ralentit. Le coup de barre de onze heures n’allait pas tarder à frapper. Juste entre les deux paupières, ramenant les yeux vers l’aile du nez, un picotement se fit sentir.

— Ne les rase pas ! C’est un signe d’homme jaloux.

Il se laissa tomber sur un banc sans prendre la peine de se délester l’épaule. Il alluma une Johnson.
Onze heures moins cinq.
Une voix désagréablement poseuse retentit en lui. Il voulut la chasser comme on chasse une mouche mais la voix parfois aiguë, parfois grave ne se laissait pas mater. Elle renflait sentencieuse. Une voix d’homme qui se prend très au sérieux.
Il s’allume une seconde Johnson et repart, forçant le pas pour rattraper le retard. La pluie se met à tomber. Il fait un clin d’œil à JJ et, se penchant, il poussa une soixantaine de cartes dans la bouche d’égout
— Avec la flotte, pas de problème. Le tout-à-l’égout, rien de tel.

ERPS-KWERPS — KORTENBERGS — ZAVENTHEM

– Ça va encore être casse pompes aujourd’hui. Les filles bréhaignes poussent leur ventre contre le ventre des statues… T’imagines ça, toi ? Le pied non ?

— Tu sais ce qui m’est arrivé ce matin dans le tram ? Une bonne femme montait les gens contre moi. Vous avez vu comme il est sale ? Regardez SES pieds et SES cheveux. Manque de pot pour elle le matin je m’étais justement douché. Les gens dans l’ensemble restaient distants. Puis voilà qu’un affreux boutonneux reprend le flambeau. Oui, vous avez bien raison, la vie en société, et où sommes-nous autant en société que dans les transports en commun, impose certaines règles indispensables d’hygiène. C’est élémentaire. Et puis, le meilleur d’ailleurs, je l’ai lu quelque part (à voir sa tête ce ne pouvait être que dans le Sélection reader’s digest) qu’être sale est un signe de névrose. Tu vois, pas du tout gêné le mec. Ça n’en finissait pas. La vieille s’excitait de plus en plus et lui il ne se tenait plus. Je croyais être à un meeting contre la TVA. Lieutenant Calley, levez-vous ! Je préférerais ne pas répondre. Je fixais le vide, quand l’oncle Ben Oudi Ali Mustapha, receveur sans uniforme, s’est mis à prendre mon parti. D’abord il m’avait envoyé un char, puis il me glisse : Alors, monsieur, tu vas te faire lyncher par la foule en délire. Le vérolé du coup change de rengaine. Le v’là parti sur les étrangers qui viennent nous manger le pain dans la bouche… Manque de pot pour lui, le tram en était plein. Comme je suis descendu avant lui je n’ai pas de nouvelles plus récentes à son sujet. Ça ne m’étonnerait pas autrement qu’il fasse un grand titre à la page des faits-divers.

— De nouveau Namur, c’est la barbe !

Se retrouvant chaque fois de l’autre côté du pâté de maisons, ils repartaient traversant rapidement. L’un est grand, environ un mètre quatre-vingts, et semble toujours absorbé par une méditation interminable. Il entre dans le groupe des gens qui pensent beaucoup mais agissent peu. L’autre, petit mais large d’épaules, est à l’opposé fonceur. Celui qui commence par agir et le regrette après. La montée se fait plus abrupte. Une plaque indique Rue Trou du Mur. II fait signe au chauffeur du tracteur qui accepte de l’emmener à l’église. Les rues sont pleines de vides. Beaucoup de femmes vont aux emplettes. A l’église, Mickels boit un verre au café de la mutuelle socialiste. Il me dit :

— T’as fait vite.

— Ouais, j’ai été véhiculé par une chouette môme. Le genre bien. Elle a une petite Honda. Ça m’a fait mal qu’elle ait dû se tailler. Je lui ai refilé mon adresse à Bruxelles. J’avais vraiment un bon secteur.

Sur un échafaudage accoté contre l’église, des ouvriers les sifflent. L’un d’eux, un balaise qui surveille le ciment, leur crie quelque chose en flamand du coin. Mickels, qui n’a rien compris, traduit à Orthon : — T’es mignonne.

— Ah, je suis mignonne ! Et bien, dis-lui que je connais quelqu’un qui va se faire enculer par une mignonne. Mignonne, non mais et puis quoi encore !

Bostin sent ses mollets qui battent comme un cœur. Philippe nage dans l’irrationnel et malgré un léger sentiment de culpabilité, il s’y sent bien. C’est incroyable quand même, il a beau vouloir dominer la nature (de ses sentiments) le flou revient toujours. Ce n’est sûrement pas en parcourant, presque au pas de course, 15 kilomètres par jour qu’il va arriver à une haute spiritualité.
La bonne femme revenait sans cesse à la charge avec son « madame » exaspérant. Il se pencha vers elle et lui dit serrant les dents entre les syllabes : nous ne sommes pas mariés. La conne loucha et expira un Oh ! des plus significatifs.

— Les petites cartes c’est pas ça, mon vieux…

— C’est étrange, je te perçois bien quand tu chantonnes ou à travers l’humour mais, dès que tu penses, je m’endors. Tu es tellement pompeux. Peut-être as-tu raison. Je peux admettre que ce soit une séquelle de ton autodidactisme. N’empêche, quand je t’écoute et que j’analyse tes possibilités, il y en a souvent une qui fait défaut : l’originalité ! Quelle ambiguïté ! Ne pas pouvoir t’exprimer sans des « Moi, je », des « je pense » exclamatifs et manquer d’originalité.

Nous vous proposons un rôle de conseil, un rôle d’avenir. J’ai un problème. Votre candidature sera examinée, vite, avec discrétion. Les cartes sont-elles visibles du pont ? Ecrivez sous référence.
Serge concentré attend le deuxième sept de carreaux du jeu qui ne peut manquer de bientôt sortir. Il est de plus un des meilleurs joueurs de ramis-bridge du Welkom.
Le temps est brisé. Il n’y a pas de temporalité dans ce réveil.
Marche ! Roule ! Dors ! Orthon content d’arriver à la 1250e s’arrête et se dirige vers la plage. Il se déshabille et un paquet de 250 cartes sous le bras il court à l’eau. Le rire innombrable de la mer… Faut-il le mentionner ?

— Je vous l’ai déjà dit plus de cent fois de ne pas plier les cartes.

— Mais c’était pas du bon et je ne suis pas ici pour me marrer. Je suis là pour gagner ma vie.

Organisme interprofessionnel, nous avons mis sur pied un software de gestion standard modulaire.
Le nouveau plein de la rage des débuts s’appuya du pied contre un arbre. C’était un grand pin rouge. Les blés qu’une heure plutôt De Back avait écrasés, en marche arrière, s’étaient à moitié redressés. Il huma l’air. Les blés penchaient et se balançaient sous le vent. (Comme on dit). La récolte promettait d’être fameuse. Il avait la main pleine de cerises chapardées dans un verger de son secteur. Vous aurez à l’implanter, à l’animer ; il vous faut une solide formation de deux années d’expérience. Et le désir d’aller plus loin, d’accéder pleinement à la vie de l’entreprise.
Philippe questionna Raoul.

— C’est légal un contrat où l’on mentionne que tu acceptes de renoncer au minimum légal ?

— Tu sais à la R.T.B. ils m’avaient donné un contrat de ce genre. En cas de conflit tu n’as qu’à considérer que tu n’as rien signé. J’ai travaillé un temps dans la distribution. Quelle mafia ! Chez nous on employait surtout des pensionnés. Les croulants acceptent tout.

Agacé, il mordit l’herbe qu’il avait en bouche. De Back repartit enfin. L’allemand vint vers lui.

— T’affole pas. Il prend tous les nouveaux pour des cons et de plus il adore faire les choses simples d’une façon compliquée. — Je vais vous faire renvoyer, moi !

En équipe comprenant des conseils en gestion, en formation, des informations vous aurez à former et assister les opérationnels, les utilisateurs et préparateurs de documents d’entreprises très diversifiés préparant toutes un premier démarrage.
Bastin à gauche. Joris à droite face à Bastin. Shepard à droite, face à Shepard de Waeck. Ce qui suppose au préalable toute une action d’organisation.

— Qu’est-ce qu’on mange ?

Face au réverbère, il se frotte les yeux. Les quatre arbres plantés droits ont poussé obliques. La courte rue s’ouvre en y. Trois des cinq maisons sont des bistrots. Il appuyé les doigts plus fort et voit une portion de ciel bleu. Des cumulus ou des nimbus ? Sept heures ? Six heures ? Mais nous savons également que certaines images, malgré des recherches assidues, ne peuvent pas toujours être trouvées. Si ceci devait vous arriver, vous avez le droit de nous envoyer ce bon d’échange avec vos images à double et nous vous ferons alors parvenir les images manquantes.

— Voulez-vous être en avance sur les autres ?

Six heures l’emportèrent et il se rendormit.

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