Le petit robinet illustré n°2

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Organe du MjT (Moi, je Tenret) paru en été 1984.

Wam Gaga.

L’art est dans les pieds. ■ Wam n’est jamais collante. ■ Simone, jours de quiétude. ■ Wam ne pense que sous la douche. ■ Cette époque n’est ni moins ni plus gaga qu’une autre. Tout reste à faire. ■ Wam-Gaga est une mouvance belliqueuse qui ne magnifie pas la guerre. ■ Le «moderne» sous-entend une résignation passionnée, un hobby. ■ Wam rit de tout. Non pas de votre rire «jaune, amer, sans joie» mais du rire de votre rire. ■ Notre caprice engloutira tout. ■ Wam n’est pas une femme de lettres, bas-bleu, Marie-Chantal. Elle a toujours été incapable de rédiger une demande d’emploi. Elle n’a jamais eu envie d’écrire aux journaux ou d’insulter des gens célèbres. Wam ne sait même pas téléphoner. ■ Notre absence d’idée est sans lendemain. ■ Wam ne se fait pas une gloire de changer d’avis toutes les cinq minutes. C’est comme ça. C’est tout. Couchez, les chiens… Couchez ! Des formes d’art sont mortes. Plus personne ne fait de la peinture, de la poésie ou du théâtre. D’autres doivent mourir. ■ Les filles gâtées ne transforment pas le monde. Elles le pourrissent. Wam-Gaga est luxe pour tous. ■ De bien braves gens, ces artistes. Les avez-vous déjà vus faire le beau pour participer à un stage «Marionnettes et hurlements à la Sauce Shakespeare», à une exposition «Autour des U.S.A : tendances de la sublimation post-moderne», à un recueil de poésie provençale «La lévitation heideggerienne» ? Vous ont-ils déjà montré, légèrement rougissants, quatre lignes à Eux consacrées dans le torchon Art Press ou dans la vaisselle sale Actuel ? Une carrière, c’est émouvant. ■ Wam ne sait plus ni sortir ni rentrer ni rester ni parler ni se taire ni aimer ni haïr ni penser ni vivre ni paresser ni bouger ni méditer ni se satisfaire ni être satisfaite. ■ La télé, c’est frais, c’est gai. Il y a un point noir : la famille !

Wam est parfois timide… Elle n’est jamais défiante. ■ La frustration transperce Wam-Gaga. Elle est sans opportunité, sans avenir, sans gains prévisibles. ■ La télé est sans prétention, incroyablement emmerdante à regarder, réfractaire à toute glose. Elle ne console pas ! Pas d’idéal, de sensibilité, de culture télévisuels ! Tout y est merveilleusement aplati, appel à ne pas s’enkyster dans un fauteuil. Tout y est cuit, impensé et passablement grossier. C’est la vie… ■ Wam n’a aucun sens du SECRET ! «Un jeune homme insulte Mouna Aguigui. Il crie : «Vieux con, salope, pourriture, ça fait vingt ans que tu dégoises les mêmes conneries ! ». Les gens, irrités par le perturbateur, se pressent autour du prêcheur barbu. Le jeune homme s’en va.

La Kraussienne est pompeuse, la Ouïdire, envieuse, la Leptolithique, mielleuse. Wam est affectueuse. ■ Tas de skaï, cinéphiles, crétins, il n’y a pas que le film. Il y a aussi le sous-film expérimental. ■ Wam-Gaga chancèle déjà sous le nombre et la qualité de ses représentants. Ne vous inquiétez pas, naître à nouveau est pour elle une routine… ■ Si tu es maudit, tu seras maudit deux fois ! ■ «Bisbilles espiègles» sont les armes de la maison «Wam-Gaga». ■ Toute exaltation désigne le petit-bourgeois résigné. ■ WAM-GAGA a la sagesse automatique. Elle n’a jamais honte d’être infiniment disponible. ■ La bravade n’est belle que vaine. ■ Wam est fraîche… Ça vous étonne?! ■ Pauvre, on naît envieux et humilié. C’est à vaincre. Les autres deviendront artistes. ■ Prier Wam-Gaga se fait sur les genoux avec les mains souples. ■ Wam-Gaga est le mot de passe des coursiers. Elle est le passeport noir. ■ Wam-Gaga est l’enthousiasme clairvoyant : une première universelle.

Wam oublie tout. Si vous avez la chance de la rencontrer, rappelez-lui votre nom. ■ La souciance est l’ennemi de Wam. ■ Wam sait que penser, c’est s’intéresser à soi. Elle laisse cela à ceux qui n’ont rien d’autre. ■ La discursivité est arme politique. Elle doit gagner ! Wam perd… ■ Wam-Gaga est disco. ■ Les Robinet qui ont le goût incroyablement agressif, à côté de Minie R. semblent navets végétaux et colombe Nivéa. ■ WAM-GAGA n’apporte AUCUNE nouveauté ! ■ Wam s’applique mais en cette époque essentiellement complaisante même se faire des ennemis est devenu difficile. ■ Wam-Gaga n’est ni négative, ni positive. WAM-GAGA est Wam-Gaga. ■ Wam-Gaga est inexcusable. Elle sait qu’elle répète et se répète. Elle ne cherche pas à s’excuser. Elle tente de répéter ce qui se répète. Wam-Gaga est la dernière lame de la récupération. ■ Avec cet air hypocrite des narcisses de l’intimité, de la prétention déboutonnée, elle susurre : « – Pourquoi fais-tu cela ? » Wam baisse la tête. Les groupies polluent la vie. Surtout les groupies des autres. Wam sera sans scrupule. ■ Tout est prétexte à divertissement. ■ Wam n’a pas de cœur. ■ Cinéphiles, vous êtes moins que rien. Les artistes peuvent au moins pleurer dans le gilet des gros seins.

Quand la poudre cesse d’agir, Wam-Gaga entre en action, à basses comme à hautes températures. ■ Position intenable : la tête et les jambes. Les jambes sont à l’aise dans leur mépris de la tête. La tête ne peut faire de même sans perdre la tête. ■ M. Mungos est pour les artistes, contre les cultureux. Wam ne sait pas ce que sont les cultureux. Elle n’en fréquente pas. ■ Terrible est pour l’artiste de devoir être aimé de son vivant ! ■ Tout comme Wam-Gaga ne comprend pas votre servilité à tout prix, le respect de tout et de rien, votre kit de certitudes, vous ne comprenez pas Wam-Gaga. ■ S’apitoyer sur soi est l’œuvre d’art. ■ L’allumage : Wam-Gaga se reconnaît à son acharnement à défendre la moindre pêche, le tonus, les bougies… ■ L’artiste se vante d’avoir choisi sa servitude. Il est conservateur. Il accumule et se constipe. ■ Wam n’est pas le Messie. Elle n’a aucune patience. ■ Avons-nous été assez immatures ? ■ Sommes-nous enfin commercialisables ? MJT est désapprouvé par l’inévitable minable mesquin et envieux. MJT est désapprouvé par le stalinien qui y voit manquement au respect dû à la hiérarchie. ■ Wam-Gaga est un gadget, un hobby, un rassemblement de pitres lugubres. ■ La mode prochaine sera-t-elle Apocalypso ou Flash Dance ? ■ Wam-Gaga, un continent où la vie est plus chère. ■ La politique est belle parce qu’elle n’est que bassesse. Elle est la fin des mœurs. ■ La télévision tient un peu de Wam : elle ne prend pas la tête… ■ Ne pas être une brave fille est vraiment ce qu’il y a de plus difficile.

Wam met des étiquettes en béton sur les gens. ■ Les néo-beaufs sont néo-poétiques. ■ Wam dit : «Il faudra en passer par la nécessité EXTÉRIEURE !». ■ Tout sera expérime-tation. Qui mieux que Nilkorian («Nous n’avons rien à perdre», «Simone, jours de colère», «48-88», etc.) a mis la vie quotidienne à l’ordre du jour ? Qui a moins vécu ? Méfiez-vous des poètes ! ■ L’ère du commentaire est platement laborieuse. ■ Wam-Gaga, lue à haute voix, pétille. ■ Le Petit Robinet protège les incontinents. Il est glacé… ■ Wam ne connaît que trop bien le Zimboumtintin ! ■ Lyon : «Elles sont de sortie» nique la Mairesse Colomb.

Wam vient de la rue. Elle adore la frime. ■ Peu importe que l’on soit d’abord incapable de vivre et qu’on en fasse ensuite des images ou que ce soit le contraire… ■ Wam-Gaga tape surtout dans ce que nous respectons. ■ Comme le dépérissement de l’art est lent ! ■ Wag-Gaga résolument MÉDIOCRE veut le rester ! ■ Halte au soulagement ! ■ Ceux qui sont pour Wam-Gaga sont des opportunistes. Pour eux, il est trop tard. Wam-Gaga est une mouvance sans contenu. Fais-toi reluire ! ! ! ! ! Tout seul… ■ Qu’est devenue la chanson d’antan ? Les jeunes femmes lancent SOS sur SOS. ■ Wam-Gaga est pour les 3h50. ■ L’art. Pas d’extase. Un deal frileux de nausées. ■ Wam épuise tous les arts. Elle se jette goulûment dessus. Elle les étouffe. Seul l’art de vivre explique son souffle court. ■ L’art est un aphte d’artiste. ■ Petits déchets néo-modernes, le temps de vos inquiétudes, remises en question et séminaires bourbeux est fini.
WAM-GAGA est là. Un peu de mémoire et vous voilà armés pour une nouvelle vie. Mangez du poisson ! ! ! ■ Lard gras ni maigre : sifflet bouché de l’antique casserole à pression. ■ Wam ne sera pas post-bouffonne, néo-chanson inepte, archéo-isolée, radio «libre», camée hystérique, lavette, cadre tampax, artiste lasse tissant sa pénélope d’ennui. Wam ricane, aime, est aimée, est capable de porter le rire en tout. ■ L’Europe est une dent creuse.

Wam ne raffole pas du cumin, du genièvre, des clous de girofle. Elle ne se roule pas dans le piment. Elle n’a rien à prouver. ■ L’artiste est persuadé que seuls les artistes sont gens fréquentables. Mais qu’est-ce. qu’il en sait ? ? ! ! ! ■ Wam-Gaga est enfance belliqueuse, petit monstre, vengeance ! ■ Wam-Gaga n’est pas de son temps. Elle est le temps. ■ Cinéastes-poètes, ré-actualisateurs de la sublimation, disparaissez ! ■ A vos poches ! Wam-Gaga mange de tout… ■ Quelle nostalgie, bande de salopes? ■ Wam-Gaga n’est pas une ourse.

Anémiez-vous ! C’est de saison… ■ Pour lui garder sa propreté, nous servons cette Wam-Gaga développée. ■ Ici, rien ne se prophétise. La sensibilité est raclures. ■ Paroles de cinéastes régressifs, de cinéastes ARTISTES, d’ordures prétentieuses :
« A propos des effets réels, on peut avoir des espoirs mais on n’est jamais sûr. Ce n’est pas seulement la question de l’art. Il s’agit de la vie en général. Je crois qu’il vaut mieux renoncer à avoir cet espoir quant aux effets réels. La vie, pour moi, c’est une chose qu’on endure. Ce qu’on endure le plus c’est que la vie n’a pas de sens. Quand j’étais jeune, j’avais des idées de Sartre et de Camus qui m’aidaient un peu, il y avait des éléments positifs, un certain espoir.» Nagisa Oshima
«Moi, je peux dire que je fais des films pour montrer au dehors, pour avoir l’occasion de porter quelque chose à quelqu’un pour lui parler de moi, car il n’y a que moi qui m’intéresse. » «C’est les maladies qui sont intéressantes… ou qu’un cas devienne pathologique…» «Il y a autre chose à laquelle j’ai pensé, c’est qu’il y a peu de cinéastes, à cause de ça, qui se droguent. Tu ne peux pas boire, tu ne te suicides pas ; Eustache doit être un cas exceptionnel. Pour un Eustache dans le cinéma, il y en a 100 en peinture, dans les romans, et je ne parle pas de la musique.» «Je fais plus de cinéma en lisant des bouts de Heidegger, ou de Wittgenstein, ou certains philosophes comme Bertrand Russel que j’aime assez». Jean-Luc Godard
«Hyères, Digne, les seuls lieux hors de l’argent, les seuls lieux de la passion du cinéma». «Moi aussi, à chaque film que je fais je trouve aussi que ce n’est pas la peine.» Marguerite Duras
«La moindre action sur scène ne peut acquérir un sens profond que si l’acteur la pousse jusqu’aux limites du possible, jusqu’aux frontières de la vérité, de la foi et de l’état d’Être.» Andreï Tarkovski
«Quand on se demande quel cinéma va exister dans 10, 20 ans, et bien ce sont ces garçons-là qui le feront. Ils feront du cinéma à la mesure de leur mentalité, de leur psychologie, et parmi eux il y aura des poètes et des mauvais cinéastes.» Michelangelo Antonioni
«Toutes les choses qui m’avaient préoccupé jusqu’ alors concernaient la rime, la versification à l’image, et c’est elle qui m’a dit que le vécu était beaucoup plus intéressant.» Philippe Garel
«Je crois que l’art existe.» Alain Resnais

■ Wam-Gaga ne témoigne pas sur l’époque. Elle crache dessus. ■ Petit Robinet : Gros Débit. ■ Il faut interdire le rêve ! ■ Gaston, merci pour la tendresse… Tribu à la consommation de masse. Depuis son plus jeune âge, l’artiste marmonne. C’est à cela que l’on reconnaît sa vocation… ■ Tout spécialiste est un raté. Tout raté est un spécialiste.
■ Wam-Gaga est en joie. Le Parisien Libéré, délation et peine de mort, brandit l’Art «moderne» entre ses mêmes assassinées. ■ Françoise, on ne fait jamais d’art pour les autres. Parfois, on en fait sur les autres mais jamais-jamais pour les autres. ■ Avec WAM-GAGA descendez plus bas ! ■ Rien ne ressemble plus à l’art que l’art. Wam aime le monde bariolé. ■

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