Desperate House Wife, L Words, New York 911, Paradise Now, Sauf le respect que je vous dois.

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Textes d’Yves Tenret parus dans les n° 13, 14 & 15 de l’Imbécile en 2006.

Desperate House Wife ou la guerre sexuelle dans les quartiers résidentiels aux Etats-Unis.

Pourquoi est-ce que ça cartonne comme ça ? Cette série est diffusée dans 150 pays et est n°1 aux États-Unis, en Croatie et en Suède. Mme Bush en a parlé en public. En Chine, trois minutes en ont été censurées. Elle raconte la vie privée des poupées Barbie, le cliché et ce qu’il y a derrière – des choses louches, des secrets honteux avec une grande variété de ton, du gag de dessin animé jusqu’au drame.

Un jour, dans sa coquette maison au cœur d’un charmant quartier résidentiel, Mary Alice met fin à ses jours. Désormais, de son point de vue imprenable, la mort, elle commente la vie de sa famille et de ses voisins. Ses amies ne s’expliquent pas comment, elle en a été réduite à commettre ce geste.

Ses amies : Quatre femmes + une…

Susan Mayer, divorcée, qui élève seule sa fille de 14 ans, prête à tout pour trouver l’amour. Pompom girl qui surjoue la fragilité et porte des vêtements vintage, illustratrice pour livres d’enfants, un peu artiste mais sans effort, chaleureuse et habitée du désespoir d’une femme de plus de 40 ans, seule… Dévorée par une curiosité insatiable, partout, elle fouille. Il lui arrive toujours des malheurs. Ça fait rire…

Bree Van De Kamp, l’épouse parfaite, reine de la perfection, distante, glacée, coincée, perdue, dont la famille est prête à imploser. C’est le portrait de la mère de Marc Cherry, le concepteur de la série. Pétrie de contradictions. Un masque figé, vit pour les apparences, pointilleuse ; la peur dans les yeux. Rex, son mari, lui avoue qu’il aime être dominé sexuellement. Elle le traite de pervers. Prête à tout plutôt que de perdre la face. Pour elle les pauvres ont le vol dans le sang. A son fils gay, elle dit : « je t’aimerais même si tu étais un assassin ». Apprenant la mort de Rex, elle finit ce qu’elle avait commencé (nettoyer l’argenterie) avant de réagir et de se mettre à sangloter compulsivement. Cette Baptiste cherche dans la Bible comment punir son fils qui a écrasé une femme avec sa voiture.

Gabrielle Solis, ex-mannequin, sexy, matérialiste, manipulatrice, vitale, drôle, un mari riche, une maison de rêve, consommatrice avide, entièrement convaincue de son pouvoir sur les hommes. Latino, eIle ne se laisse pas faire, proteste : à chaque fête, Tanaka, le boss de son maris, Carlos, essaye de la peloter. Carlos lui répond : c’est mon patron… Pour ne pas avoir à se suicider elle aussi , elle le trompe avec John, le jardinier de 17 ans, culturiste, toujours torse nu, genre icône gay. Elle aime le corps du « petit » (il est énorme, tout en muscles…). Carlos fait travailler des esclaves dans un pays lointain (l’idée est sensée être comique…).

Lui : Quel sens à une vie où on ne fait que dépenser du fric ?

Elle : Ça dépend de ce qu’on achète !

Lynette Scavo, ex-femme d’affaires (elle dirigeait une compagnie de 85 personnes) reconvertie en femme au foyer, exaspérée, au bord de la dépression nerveuse. Son mari veut baiser sans capote ; elle lui met son poing dans la figure. Ses enfants créent constamment un chaos qu’elle n’arrive pas à maîtriser. Elle se speede avec les médocs (Ritaline) de ses mômes. Marc Cherry voulait qu’elle s’imagine noyer ses enfants. La chaîne a refusé… Dans la scène tournée, elle exerce cette violence contre elle-même ; elle rêve qu’elle se suicide. Ce n’est pas très comique…

Edie Britt est un personnage apparu en cours de route. Plusieurs fois divorcée, garce, freak, délicieuse, sexe à pattes, force de la nature, très consciente de son corps, elle a son franc-parler. Elle invite un plombier en lui disant :
– Viens jeter un œil à mes tuyaux…

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Les hommes.

Andrew, fils de Bree et de Rex, 15 ans, écrase une femme. Sa mère l’agresse ; elle pense qu’il ne ressent rien. Pas du tout, répond-t-il. Je souffre. Vous m’avez enlevé la voiture. Maintenant je suis obligé d’aller à l’école en vélo… Les hommes sont tous décrits comme étant complaisants, lâches, conciliants et veules. Et à la fin, ils sont tous punis : Carlos part en tôle, Tom perd son emploi, Mike va se faire tirer dessus et Rex meurt d’une crise cardiaque.

Le message et l’intrigue…

Chaque jour qui se lève apporte avec lui son lot de mensonges. Les pires sont ceux qu’on se répète avant de s’endormir pour essayer de se convaincre soi-même qu’on est heureux. Soir après soir, on espère désespérément qu’au matin nos mensonges seront devenus des vérités.

L’intrigue est faible et parasite. Cette série de sketchs a été écrite par 18 scénaristes ! Les panoramiques longs et gonflants comme dans les pubs. C’est moins passionnant que Soprano, Six Feet Under ou L Words mais nettement plus intéressant que la majorité des autres séries. Le générique Pop – des bouches, des bouches, des bouches, est très original. Marc Cherry ne voit pas les femmes comme des objets sexuels. Il aime leur humour, leur aptitude à la survie. L’ambiance, désespoir et culpabilité, porte et touche. C’est la thématique de Cassavetes et Pialat, en moins arti, en plus franc, plus lourd, plus télévisuel et éphémère. Doux amer, tendre, ridicule, féminin, touchant, vulnérable. Désespéré ! Tout est rapports de force. Rien de sentimental. Chacune roule pour elle-même, ment et triche. On peut se projeter, se faire un test, un portrait psychologique. Légèrement aphrodisiaque ; ça titille du côté des rapports sexuels mais sans en faire trop, de façon à ce que cela soit acceptable pour tous ; ça rappelle donc incidemment leurs devoirs conjugaux aux ménagères à moitié endormies devant leur télé. La noirceur de la série est ce qui la rend crédible. Des rapports de travail très durs. Rivalités entre voisins : pelouse contre pelouse ! Champ de bataille, combats domestiques, guerre sans pitié. Le mot humiliation revient très souvent. Chaque femme cache ses malheurs aux autres. Comment pourraient-elles soudain s’abandonner à leur sensualité, aux caresses, quand leur éducation et tout le contexte les poussent à savoir se tenir, à ne pas se laisser aller, à tout concevoir en termes de concurrence, de rapports de force et de bluff ?

Le quotidien comme crève-cœur, une série dépressive pour temps dépressifs, une série ironique pour temps cyniques. Ça commence par le suicide de la narratrice et cela finit par la débandade généralisée de tous les hommes de la série… Comme dans la vie

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« L Word » – My God ?

Un soir de demi-brume à Carrefour

Une marchandise qui ressemblait à

Mon amour vint à ma rencontre

Et le regard que j’y jetais

Me fit baisser les yeux de honte

Je suivis ce DVD qui sifflotait

Lui feuilleton et moi si peu fanfaron…

CET OBJET, conçu par un triumvirat de femmes, est à la fois inouï et la banalisation de cet inouï. Ça ne parle que de cul, reproduction incluse. Jenny couche avec Marina. Dana couche avec Lara. Alice couche avec Betty. Helena avec Winnie. Lisa avec Alice. Shane avec Cherry. Marina avec Francesca. Beth avec Candace. Dana avec Tonya. Jenny avec Robin. Robin avec Marina. Shane avec Carmen. Alice avec Dana. Carmen avec Jenny. Beth avec Bambi. Tina avec Helena. Tonya avec Mélissa. Ce sont des filles qui se démerdent plutôt bien. Elles sont hyperactives, toujours en mouvement et toujours fraîches. Elles ont toutes des dents magni-fiques, des gencives splendides. Elles ont toutes des seins et des fesses fermes, des corps superbes quelles entretiennent assidûment à coups de jogging, de yoga, de body boulder, de piscine, etc. Et bien sûr les fringues qui vont avec… La lesbienne aux States a nettement évolué. La nouvelle gay, jeune et élégante, a balayé l’ancien stéréotype hommasse. Ce n’est plus une revendication à la déviance. Elles sont dans la norme et ressemblent à n’importe quelle autre jeune femme à la mode. Ce n’est ni pudibond, ni obscène, ni voyeur tout en étant franchement transgressif. Cela célèbre un désir suffoquant, un besoin pressant (nombreuses scènes dans les toilettes), une sexualité fougueuse, impulsive, du genre de celle qu’on pratique à 25-30 ans. Tous les vieux (les parents) sont montrés comme des cathos homophobes.

Épilation de fesses et tests de grossesse

Une jeune juive tourmentée rejoint, après six mois de séparation, son mec, un brave coach de natation qui habite à West Hollywood dans la gay town. Jenny veut devenir écrivaine et il lui a aménagé le garage en bureau. Restée seule, elle mate Shane, punkette androgyne et fluide qui nage nue dans la piscine des voisines, Beth et Tina, puis roule une pelle langoureuse à une fille. Ça la trouble. Le soir, pendant qu’ils font l’amour, elle raconte la scène à Tim…

Dana, la tennis women, ne semble pas très futée. Elle se fait épiler les fesses et à peur qu’être gay nuise à sa carrière mais vu le corps qu’elle a les autres l’acceptent comme elle est. La mode étant du côté des lesbiennes, tout va s’arranger pour elle. Son sponsor va lui demander d’afficher sa différence.

Beth, directrice d’un centre d’art, pleine d’elle-même, incapable d’écouter quiconque (savoir écouter est la valeur par excellence de cette série), faisant faire ses corvées par son secrétaire, démontre qu’être mâle n’est pas un destin biologique mais une posture, un figement. Avec Tina, elles vont chez le psy car elles veulent faire un enfant et un check-up affectif leur semble nécessaire. Elles sont ensemble depuis sept ans. Tina a abandonné son travail pour enfanter. Elles ne baisent plus. « Vous avez fusionné, leur dit, effrayant de fatuité, le psy, et ce n’est pas bon. » La question du donneur : un vrai rire amer, le parcours du combattant de la fécondation assistée. Elles cherchent parmi les hommes qu’elles rencontrent : l’un a une maladie génétique, l’autre veut coucher vraiment… Pour finir Marcus est OK mais Tina a de la peine à l’avaler ; il est immense et noir ! Est-ce bien pour des lesbiennes d’avoir en plus un enfant de couleur ? Tina fait pipi sur son test de grossesse. Elle est enceinte. Elle appelle Beth qui ne lui en laisse pas placer une…

Marina, belle grande italienne à la voix sensuelle, tient une cantine. Elle flashe sur Jenny. Alice fait l’intermédiaire. Leur flirt démarre sec par un long baiser aux toilettes. Jenny troublée force Tim à rentrer. Maintenant qu’elle a embrassé une fille est-ce qu’il la dégoûte ?

Dana : « Qu’est-ce que Shane a de plus que moi ? »

Tina : « Elle est sûre de ses seins. »

En fait son charme et son impossibilité à s’attacher viennent de ce à quoi elle a survécu. Sa mère était une junkie…

Jenny et Marina passent à l’acte. C’est l’éclate : des bouches, des langues ! Jenny veut tout avouer à Tim mais il ne prend pas le temps de l’écouter. Elle tire des coups avec Marina ici et là. Lui préfère regarder à la télé la finale du slalom que de se faire câliner…

Shane est harcelée publiquement par une ex. Le père de Beth pense qu’il n’a pas eu de chance. Il est très croyant et son aînée est alcoolo tandis que sa cadette est homosexuelle. Tim surprend Jenny et Marina. Son monde s’effondre. Shane rencontre Harry le mafioso. Il la prend d’abord pour un garçon puis fraternise. Il lui offre un salon de coiffure mais Shane couche avec sa femme. Il détruit le salon à la masse. Tina fait une fausse couche. Dana va épouser Tonya. Alice souffre. Jenny veut aller vivre avec Marina, mais l’officielle de celle-ci, Francesca, rentre de voyage. Beth et Tina assistent à une séance de psychothérapie de groupe. Elles ont beaucoup de mal à exprimer leurs difficultés. Pour Tina, sa plus grande hantise est que le père de Beth n’accepte pas le bébé. Pour Beth, ses préoccupations sont plus terre-à-terre : arrivera-t-elle à subvenir aux besoins de sa famille ?

Dana : « Pourquoi ces soirées entre femmes sont-elles si déprimantes ? »

Alice : « Parce que ce sont toujours les mêmes filles. »

Ah, la viande fraîche, le sang neuf, une nouvelle bien croustillante !

Au début de la deuxième saison de la série, Tina est à nouveau enceinte et Marina qui a fait une tentative de suicide part en Italie. Jenny et Shane cohabitent ensemble. Elles prennent le jeune Marc comme troi¬sième colocataire. Il truffe la maison de caméras cachées, puis tombe amoureux de Shane. Quand Jenny le choppe, il demande à rester avec elles pour affronter sa honte… Dana et Alice flirtent. Alice : « T’as un joli cul. » Elles se jettent l’une sur l’autre, s’arrachent leurs vêtements. C’est génial, avide ! On partage leur fougue. Des doigts, des doigts, des doigts !

À la fin, naissance du bébé de Tina ; elles sont toutes là et elles se passent l’enfant.

Beth : « Voilà toute ta famille… »

(Les deux premières saisons de la série L Word sont disponibles en DVD chez MGM.)

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Vlà le travail !

Comme dans l’un des livres si lucide de Patrick Declerck, il n’est question ici que de survie en milieu hostile, d’efforts constants à faire pour ne pas sombrer

NEW YORK 911

Un boucan sorti brut de décoffrage des rues de New York, une éruption de lave : taxis jaunes qui klaxonnent, bébés qui naissent n’importe où, immeubles qui brûlent, qui s’effondrent, qui explosent suite à une fuite de gaz, des gangs qui s’exterminent, des braquages à l’arme lourde, des gens qui meurent d’overdose, qui renversent des vieilles, qui écrasent des enfants, qui fuient, qui se noient, des mômes qui se font tabasser par des parents alcooliques, des clodos qui vomissent sur les flics ou chient dans leur bagnole… La vie vécue et racontée par le peuple ! Les 1001 nuits, le Décaméron. Faites le 911. Les urgences, des pompiers, le SAMU, des flics qui travaillent ensemble à New York, au croisement de King et d’Arthur où leur caserne et leur commissariat se font face. On est avec eux ; on flippe souvent. C’est intense, vraiment intense. Protocole : Quel est votre nom ? Donnez-moi la main. Fibrillateur. Préparez 4 mg d’atropine. Intubation. Hémorragie sous contrôle. Glasgow à 8. J’ai un rythme. Le pouls est faible. Tenez bon Monsieur ! Mets lui un goutte-à-goutte. Vous avez des allergies ? Ce n’est pas un conte sur l’héroïsme mais une série ultra réaliste sur le quotidien. Il n’y a aucun effet avant/après, pas de flou, pas de flash-back. Ils sont souvent inconséquents et arrivent au pire en croyant faire le meilleur. L’ancien veut faire comprendre au bleu que l’on devient un meilleur flic en devenant moins humain, qu’il faut abandonner compassion et empathie. Ils parlent beaucoup entre eux de leurs façons réciproques de gérer leur quotidien, de leurs relations sentimentales. Ils discutent, débattent à propos de la peine de mort, des mérites comparés d’Hillary Clinton et Rudolph Giuliani (« enfermer des SDF, c’est ça nettoyer la ville ? »), de l’existence de Dieu, du suicide, du droit à s’euthanasier, etc.

Une caricature peut en cacher une autre !

Paradise Now de Hany Abu-Assad, film cofinancé par l’Allemagne, la France et Israël raconte vingt-quatre heures de la vie de deux amis recrutés pour commettre un attentat suicide. Tournée à Naplouse, l’histoire présente les méthodes d’embrigadement des futures bombes humaines, les motivations avancées pour commettre l’acte fatal, les doutes à l’approche du moment décisif. Bref, il n’y a pas de kamikaze type. N’importe qui, étouffé par un sentiment d’impuissance, peut le devenir. Le tournage coincé entre l’armée israélienne et des groupes radicaux palestiniens n’a pas été facile. Mal reçue par la population, la production a dû acheter la protection d’hommes armés. Un membre allemand de l’équipe a été kidnappé. Le film a été fini à Nazareth. Ni les Palestiniens ni les Israéliens ne veulent qu’on humanise les kamikazes. Et ils ont raison ! Ici, la présence militaire israélienne se résume à des barrages sur les routes, Naplouse est une township et Tel Aviv plus prospère que Los Angeles. Présenter tous les Palestiniens comme des miséreux n’est pas sérieux. En réalité, la ville de Naplouse est débordante de vie. Mais le mensonge n’est pas là. À la fin, le kamikaze refuse de monter dans un bus où on ne voit que des civils mais pas dans un bus plein de militaires. Un tel choix n’existe pas dans la réalité ! Et c’est à cause de ce mensonge que tout ce sirop humaniste fout un monstre cafard. Ce film a reçu plein de prix en Europe et a été nominé aux Oscars. Toute la presse française a adoré. Pourquoi ? Parce que cela correspond à une perception préconçue du conflit … Parce que c’est lourd, manichéen, moralisant, désuet, académique, sans intensité. Parce que cela prétend faire l’impasse sur ce qui anime les deux camps : la haine ! La haine, la plus pure et la plus absolue…

Sauf le respect que je vous dois.

La lumière se rallume. Toute la salle est en larmes. Ah quelles grâces ont ces premiers films qui ont été fait avec une nécessité interne irrépressible, avec une foultitude de désirs et d’amour ! Un salarié a tué son patron qui le harcelait et qui a poussé au suicide son collègue et meilleur ami. Quelle pertinence ! Nous venions à peine de faire notre deuil de la lutte des classes et voilà qu’elle nous revient par le biais d’une fiction très habitée. Le brûlot de Fabienne Godet choisit son camp et n’en démord pas. Il n’est plus temps de subtilité. Les patrons n’ont qu’un objectif : virer à coût zéro. C’est rentre-dedans, à contre-pied, et ça se refuse toute élégance. Les cadres martyrs, victimes de l’idéologie du travail bien fait, étant à la fois aide bourreau et apprenti victime, sont écartelés entre deux extrêmes. Eh oui, le petit peuple du stress rêve tout éveillé. Ce qu’il voit n’est pas ce qu’il voit, ce qu’il vit n’est pas ce qu’il vit. Son entreprise n’est pas moche ; ses patrons ne sont pas des exploiteurs ; ses rapports humains ne sont pas réduits à rien ; ses enfants ne le méprisent pas et ne l’exploitent pas… Simon est insoumis. Par contre Durieux, père de famille aimant, conciliant par nature, coincé entre sa femme et son travail, est désarmé. La vie ne lui a pas appris à se rebeller. Englué dans une logique productiviste, le système va le broyer. Adepte de la compétitivité, face à l’oppression, il est seul. Cela fait si longtemps qu’il accepte l’inacceptable, qu’il se soumet, qu’il se prend pour un privilégié… Pour lui, cela va être tout de suite le pathos et la tragédie. Il va trouver une violence en lui qu’il ne soupçonnait pas. Sa riposte donnera dans la démesure. Après, seules une jeune pigiste et une marginale résisteront. Ainsi, comme dans la vie, au premier plan les hommes se la racontent et ensuite à l’arrière-plan les femmes sauvent ce quelles peuvent…

New York 911, Saison 1, Coffret DVD. Paradise Now, un film de Hany Abu-assad, avec Lubna Azabal. En salle le 5 avril. Sauf le respect que je vous dois, un film de Fabienne Godet, avec Olivier Gourmet, Julie Depardieu. En salle depuis le 15 Février.

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